Interview de Philippe

Bonjour  Philippe,

Tu es membre du Moto Club l’Equipe depuis 28 années.

Commençons par ton arrivée dans le club. Comment était l’ambiance à cette époque ? Quelles sont les différences importantes par  rapport à aujourd’hui ?

DSCN4557Je suis le 2e plus ancien membre actuel après Jean-Pierre le président d’honneur. Quand je suis arrivé, recruté par  petite annonce, il n’y avait pas  encore Internet, la « discipline » était toujours celle insufflée par  Pierre Brel (frère de Jacques), fondateur du club. Ainsi pour les  rondes dominicales, pas question de s’arrêter au restaurant. D’abord la ronde et les kms. Seuls  arrêts admis, les cafés où l’on devait pointer. Nous rentrions affamés sur  le lieu de la concentration où nous attendait un repas « motard ». Les clubs organisateurs devaient en effet prévoir un repas qu’il fallait réserver à l’inscription.

La direction actuelle a depuis plusieurs années installé un moment de convivialité en s’arrêtant ensemble vers midi pour une  petite croque. Seul inconvénient, mais on ne peut pas  tout avoir, il faut partir plus tôt.

Pour  quelle raison te surnomme-t-on le « Schtroumpf » ?

Au début des années 90, je roulais aussi avec  un autre groupe de copains avec lesquels nous allions essentiellement voir les courses de Superbike à l’étranger.  Et je portais souvent une  combinaison uniformément bleue et un casque uniformément blanc. Et le meneur du groupe (il y a un meneur dans tous les groupes) m’avait dit que j’étais un vrai « Schtroumpf ». Ce surnom m’est resté depuis lors dans le milieu et certains ne me  connaissent qu’ainsi, même pas par mon prénom.

Quelles régions en Belgique ou ailleurs traverses-tu à moto avec  beaucoup de plaisir ?

DSCN6168En Belgique bien sûr  essentiellement les Ardennes au sens large du mot, beaucoup de régions en France ou en Allemagne. J’ai coutume de dire qu’avec un rayon de soleil, n’importe quelle région est  belle. Le plus beau déplacement en Europe c’était sans doute la Croatie jusqu’au Monténégro (mais ce n’était pas avec  le club).

Y a-t-il des rencontres ou des évènements qui t’ont marqué plus que  d’autres ? Et si oui, peux-tu nous en parler ?

Incontestablement mon parcours de la Route 66 au States en 2007 sur son trajet intégral de Chicago à Los Angeles avec  une incursion au Grand Canyon et à Las Vegas. Avec un groupe de Hollandais (du fait que mes  copains belges étaient néerlandophones) tous plus sympas les uns  que les autres, si, si. Il me  faudrait des pages pour en parler. Je mentionnerai seulement que, sortant d’un grave accident en 2001, lorsque je suis  arrivé devant le Pacifique à la plage de Santa Monica, à la fin de la route, j’avais les larmes aux  yeux.

Demain,tu gagnes 50.000.000 euros au Lotto, tu t’achètes la/les motos de tes rêves ?

Non, dans ce domaine, je n’ai plus trop de rêves car avançant en âge, je n’ai plus besoin d’une moto hyper performante ou hyper GT (et donc  lourde).

Quelle est la moto qui t’a apporté le plus de sensations ?

Incontestablement ma Honda VFR 750  achetée en 94. C’est la deuxième des trois VFR que j’ai possédées, une moto faite pour moi, semi-sportive, performante, multi-usages. A égalité avec mon actuelle pour son moteur trois Cylindres.

Et pour terminer, raconte-nous une  super anecdote …

Un de mes  plus chouettes souvenir au club, c’est notre  déplacement en Allemagne de l’Est en mai 1991 dans le cadre de la Randonnée de l’Amitié, soit huit mois après la réunification allemande. Soldats russes, nuée de Trabants fumantes, à la frontière on voyait encore la place des fils barbelés qu’on venait d’enlever.800px-22010_Nikolaikirche_Wismar_Ansicht

Le premier soir, nous  gagnons notre zimmer frei par  un chemin de terre, en fait dans  une  ferme. Nous  demandons la douche-quelle douche, vous avez  un grand lavabo dans  le hall d’entrée.

Le lendemain, nous allons au port avec  tout le groupe, donc environ 200  motos, car nous  avions droit à une  promenade sur  la Baltique. Un type se met à nous engueuler et un membre du club nous traduit que
« nous  sommes arrogants car nous venons étaler notre richesse ».

Le lendemain, nous cherchons une  pompe d’essence dans la ville de Wirsmar (pas si petite que  çà) et n’en trouvant pas, nous demandons à un autochtone, assez âgé. Ne comprenant rien à ses explications (surtout qu’il fallait beaucoup tourner), Jean-Pierre le fait monter à l’arrière de sa moto. Nous voilà occupés à tourner dans ces rues avec  ce vieux bonhomme sans  casque qui n’avait jamais dû monter sur  une  aussi grosse moto de sa vie. Bien  nous en a pris car la pompe allait fermer… un samedi après-midi vers  16h30.

Bref  un autre monde qui nous  a fait prendre conscience de la chance d’appartenir au monde occidental.

Je te remercie Philippe d’avoir répondu à ces quelques questions et je te souhaite beaucoup de plaisir cette saison sur  de belles routes !

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